Pourquoi mon enfant a-t-il peur ?
La peur est une émotion fondamentale, au même titre que la joie, la colère ou la tristesse. Elle sert à alerter l’enfant d’un danger potentiel (réel ou imaginaire) et déclenche des comportements de protection : fuir, se cacher, demander du réconfort…
Chez les tout-petits, l’imaginaire est très présent et la frontière entre le réel et l’irréel encore floue. Il est donc normal qu’un enfant ait peur de choses qui semblent anodines à un adulte.
Des peurs qui évoluent avec l’âge
Voici quelques peurs fréquentes selon les grandes étapes du développement :
- Avant 1 an : peur des bruits forts, des visages inconnus, de la séparation.
- Vers 2-3 ans : peur du noir, des monstres, de certains animaux ou personnages (clowns, loups, etc.).
- Vers 4-6 ans : peur de l’école, des cauchemars, du jugement des autres.
- Après 6 ans : peurs plus concrètes ou sociales (perte, accident, maladie, échec).
💡 Chaque enfant est unique : certains exprimeront leurs peurs très tôt, d’autres plus tard ou de manière plus discrète.
Comment réagir face à la peur de mon enfant ?
Accueillir l’émotion sans la minimiser
Même si la peur vous semble "ridicule", elle est réelle et intense pour votre enfant. Évitez les phrases comme :
❌ "Ce n’est rien", "Tu fais ton cinéma", "Arrête d’avoir peur".
Préférez :
✅ "Tu as eu peur du bruit ? Je comprends, il était très fort."
✅ "Tu veux qu’on en parle ensemble ?"
Mettre des mots sur ce qu’il ressent
Aidez votre enfant à nommer sa peur pour l’apprivoiser :
"Tu as peur quand on éteint la lumière, c’est bien ça ? Tu crois qu’il y a quelque chose dans ta chambre ?"
Nommer une peur, c’est déjà commencer à la maîtriser.
Rassurer… sans surprotéger
Votre rôle est de rassurer votre enfant tout en l’aidant à comprendre que ce qu’il ressent est normal et passager. Vous pouvez par exemple :
- Installer une veilleuse s’il a peur du noir.
- Créer un "spray anti-monstres" ou un rituel du soir.
- L’accompagner doucement vers ce qui lui fait peur, sans forcer.
L’idée est de ne pas fuir systématiquement la source de la peur, mais de l’aider à y faire face en sécurité.
Encourager sans forcer
Si votre enfant sursaute à chaque chien croisé, inutile de le pousser à le caresser. Commencez par observer à distance, puis rapprochez-vous ensemble, à son rythme. Chaque petit pas est une victoire.
Valoriser ses progrès
Un mot d’encouragement peut faire beaucoup :
"Tu es resté dans ton lit toute la nuit, bravo !"
"Tu as demandé à la maîtresse, même si tu avais un peu peur !"
Des outils pour l’aider à apprivoiser ses peurs
- Les livres : de nombreux albums jeunesse abordent les peurs avec humour et tendresse ("Même pas peur !", "Le noir, c’est comment ?"…).
- Les jeux de rôle : jouer avec des figurines ou peluches pour revivre des situations anxiogènes en toute sécurité.
- Les dessins : dessiner sa peur, la froisser et la jeter à la poubelle peut être un bon exutoire !
- Les rituels du soir : moment de lecture calme, veilleuse, câlin... Tout ce qui sécurise.
Quand s’inquiéter ?
La peur est normale. Mais si elle devient envahissante, qu’elle perturbe fortement le quotidien (sommeil, école, interactions sociales), ou qu’elle persiste au-delà de plusieurs mois, il peut être utile d’en parler à un pédiatre ou un professionnel de la petite enfance.
En résumé
✔ La peur est une émotion naturelle et saine dans le développement de l’enfant.
✔ Elle évolue avec l’âge et peut être amplifiée par l’imaginaire ou des événements marquants.
✔ Votre rôle est d’accueillir, rassurer et accompagner votre enfant, sans minimiser ni forcer.
✔ Des outils simples peuvent l’aider à gagner en confiance face à ce qui lui fait peur.
Et surtout, n’oubliez pas : votre présence est son meilleur repère. ❤️